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Le soufisme (arabe : تصوف [tassawwuf]) est un mouvement spirituel, mystique, et ascétique de l'islam, et une doctrine ésotérique apparue au VIIIe siècle, ayant pris ses racines initiales dans l'orthodoxie sunnite essentiellement, mais qui s'est rapidement transformé pour certains de ses courants tout au moins, pour ensuite influencer les dissidences chiites (ismaïlisme, Druzes).
Les musulmans soufis sont des personnes qui privilégient l'intériorisation, l'amour de Dieu, la contemplation, la sagesse. Il s'agit d'une organisation initatique et ésotérique.
Souvent mis en opposition à l'islam traditionnel par les clichés occidentaux, et bien
qu'en réalité les anciennes "voies" soufies eurent fait l'intense promotion d'un enseignement très orthodoxe, le soufisme cultive volontiers le mystère, l'idée étant que Mahomet aurait reçu en même temps que le Coran des révélations ésotériques qu'il n'aurait fait partager qu'à quelques uns de ses compagnons.
En tant que notables, les soufis combattent au nom de l'islam le vice sous toutes ses formes, montrant justement par là leur aspiration à l'application pleine et entière des
lois islamiques : boissons alcoolisées – vin surtout –, haschisch, prostitution... Leurs luttes se sont souvent tournées contre ceux qui menacent de dévoyer la spiritualité des croyants, y compris des émirs licencieux.
Dès le début de l'islam, Abû Dharr, par exemple, un "Compagnon de Mahomet" l'expression "Compagnon du Prophète" ayant en Islam un sens assez proche de celui d'apôtre), s'est distingué par sa condamnation des puissants, qui lui a valu l'emprisonnement par les puissants de son époque.
Le soufisme a pour objectif la recherche de l'agrément de Dieu, la promotion du
tawhîd -"science de l'unicité de Dieu-. Il combine la charia, la loi islamique, et la al-haqîqa, la vérité. L'adhésion au Coran y est un nécessaire préalable à la
compréhension du monde. Les rites sont inutiles s'ils ne sont pas accomplis avec sincérité. Pour certains vulgaristes, le soufisme prône l'existence d'une connaissance cachée ('ilmoul Bâtin) et un idéal de non-attachement aux choses de ce monde et de combat intérieur contre le vice. Ce dernier point est vérifié, mais le principe de 'ilm al bâtîn fait référence à l'acceptation par le coeur du verset qui pourrait être traduit "rien
ne ressemble à Dieu", et pour lequel Al Halladj fut renié et condamné par les
musulmans alors qu'il prétendait être "confondu" avec Dieu.
Dans le soufisme, l'Être suprême est Dieu auquel on accède - c'est à dire accéder à
Son agrément - par l'Amour de Lui. Les "clichés" occidentaux, à côté de ces vérités scientifiques, sont nombreux: le symbolisme de l'arbre de la connaissance représente
les progrès de la méditation et de la sagesse ; la barrière qui sépare l'homme de Dieu
est symbolisée par la montagne cosmique (Qâf), une prétendue présence invisible de Dieu dans le cœur du croyant, poursuivie à travers l'expérience ascétique et l'union extatique (dans l'amour physique notamment) qui permettraient d'atteindre à l'amour
et à la connaissance du Créateur: ce "soufisme" à la sauce occidentale est en fait un mouvement pacifiste qui utilise certaines idées reçues.
Le soufisme a partie liée avec l'ascétisme monastique chrétien, la religion zoroastrienne, voire bouddhiste ou hindoue, et les idées platoniciennes
Extrait du disque :
Chants Soufi